Il existe parmi nous, des personnes qui ont malheureusement moins de chance que d’autres, ou qui ont tout simplement traversé des épreuves si rudes qu’elles ne les ont pas épargnées.

Ces personnes qu’on appelle « sans-abri » ou « SDF » sont des gens comme nous tous. Ils avaient un travail et un foyer, mais pour différentes raisons (perte de leur travail, séparation, divorce, etc.) se retrouvent en marge de la société.

Et le drame, c’est que cette dernière ne les aide pas à retrouver une vie normale.

 

Cette serveuse se montre gentil avec un sans-abris

La vision que la société a des sans-abri

Patrick Declerck, psychanalyste, philosophe et anthropologue s’est pendant longtemps intéressé à la question des sans-abri et leur rapport à la société. Il a d’ailleurs mené la première consultation d’écoute en France pour ce segment de la société dans le cadre de la mission française de « Médecins du monde ». Il avait également travaillé pendant dix ans dans un centre d’hébergement à Nanterre.

Dans son livre « les naufragés », il dit : « … Je veux montrer que notre société est une société d’oppression et de gestion des limites de l’acceptable. Elle ne tient pas à soulager la souffrance des personnes sans-abri, mais avant tout à mettre en scène une leçon de moralité publique. »

Ensuite, il poursuit : « Elle programme et gradue leur souffrance. Les plans d’urgence définissent par exemple le seuil de froid et de souffrance tolérable. Or, chez les personnes SDF la souffrance est chronique, la vie dans la rue est une torture pérenne, la remise à la rue après un hébergement, une agression inacceptable. »